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7 juillet 2022 4 07 /07 /juillet /2022 01:49

Les voisins de Verchères ont été heureux de retrouver le rassemblement estival

 

Dimanche, une trentaine de résidents du hameau des hauts de Faverges ont assisté au traditionnel « apéro » de Verchères. Ils ont honoré l’invitation lancée par Olivia et Sylvie, rassembleuses depuis une dizaine d’années. Pour l’événement ces dames et leurs voisins ont aménagé un agréable salon d’été à côté de la fontaine aux poissons. La source qui s’écoulait librement et rafraîchissait les boissons est tarie actuellement.
 

 

À l’heure du déjeuner les habitants ont rejoint le lieu de rendez-vous pour un apéritif dînatoire partagé. Chaque famille a participé à achalander un buffet gourmand. Les enfants étaient heureux de se retrouver et jouer ensemble, sans contrainte. De nouveaux résidents ont apprécié ce moment de convivialité pour faire connaissance.
 

Citoyens Anglais Nigel et June nouvellement installés à Verchères
Parmi les habitants, June, professeur d’Anglais en France et Nigel informaticien, ont emménagé il y a une semaine seulement au village. Ils ont été heureux de la fête des voisins pour faire des connaissances. Le couple a eu de nombreuses adresses. Ils ont résidé à Thônes, en Espagne, en Italie et en Allemagne. Leur fille résidant à La Clusaz ils ont choisi de se fixer dans notre belle région. Chez nous ils aiment les montagnes, le climat, le fromage et le vin. Ils ont toujours été bien accueillis par les savoyards, réservés au début des relations puis « amis pour la vie ».

 

 

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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 13:34

Ce jeudi 10 mars 2022, le Conseil international des Archives (ICA), dont les Archives de l'État sont membre fondateur, a décidé de suspendre ses relations avec les quatre institutions publiques russes et biélorusse qui sont actuellement membres de l’ICA.

Ces 4 institutions publiques avec lesquelles l'ICA a décidé de suspendre ses relations sont :

Pour la Fédération de Russie :

  • l’Agence fédérale russe des archives
  • le Comité des archives du gouvernement de la République d’Oudmourtie
  • le Comité d’État des archives de la République du Tatarstan

Pour la République de Biélorussie :

  • le Département de Gestion archivistique et documentaire du ministère de la Justice de la République de Biélorussie

Les Archives de l’État se joignent à l’ICA pour demander instamment au gouvernement de la Fédération de Russie et au gouvernement de la République de Biélorussie de mettre un terme à leur agression armée, en les sommant de respecter et de protéger les communautés et institutions professionnelles impliquées dans la gestion de l’information, des documents d’activité et des archives, qui sont les gardiennes non seulement de la mémoire de l’Ukraine mais également des documents et des archives témoignant de l’identité, des droits et des devoirs de son peuple et de son gouvernement légitimement et démocratiquement élu.

A lire également

 

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 13:52

Les latrines des Capucins sont devenues une tour moderne

Les textes le disent : la parcelle de la mappe sarde de 1728-1738 portait le numéro 1055.

Le registre des numéros suivis spécifie le propriétaire de cette parcelle : Les Révérends Pères Capucins, et la nature de la parcelle : c'est une maison.

Il ne s'agit aucunement d'une tour de défense de la ville dont la muraille est constituée de l'arrière des maisons de la rue tendante du couchant (rue Victor Hugo).

Des cabinets et latrines ont été construits en extension de la maison des Capucins en 1786 par les sieurs RAUCAZ au bénéfice de la Confrérie du St Sacrement de l'église de Faverges, maison ayant appartenu successivement à Antoine CHAPELLE puis au sieur Balthazard DIDELLE.

Dans l'acte de vente, les Capucins se sont réservé de pouvoir être hébergés chaque année durant une quinzaine pour y faire une retraite.

230 années plus tard

Cette extension de latrines faite dans l'angle ouest a été très improprement qualifiée de "tour moyenâgeuse" par le chanoine Duret, (pour s'en servir de lieu de visite touristique), malgré l'inexistence d'un escalier d'accès à la partie supérieure.

Il est impensable que l'on puisse imaginer faire défendre une ville par des Capucins, mais cela n'a pas l'air d'effleurer le chanoine qui manie mieux le missel que les registres d'histoire locale.

Cette extension a été mal identifiée par les services des Bâtiments de France. L'architecte de l'époque de la transformation ayant refusé de remarquer le manque d'un escalier indispensable pour monter au sommet d'une tour, ni les traces noires de l'incendie de 1783 qui avait atteint le bâtiment, et entraîné sa vente au profit de la Confrérie du St Sacrement.

Aussi, cette partie délabrée et ruinée a subi une reconstruction complète de consolidation en 2019, par les soins d'une municipalité qui s'était au préalable rendue propriétaire de la bâtisse.

 

Le mystère de la tour bâchée est enfin dévoilé

 

Quelqu’un de célèbre y a-t-il été hébergé ?

Célèbre, non ! Mais les Capucins venaient chaque année habiter la maison durant une quinzaine de jours pour y faire une retraite dans la maison appelée la "maison des Capucins" sur la mappe de 1728. Ils s'étaient réservé "quatre chambres et une cave" pendant le temps de carême.

C'était devenue plus tard la maison de la famille de Reine Fossorier et Gleb Tchineny, abritant "la Belle Jardinière", un commerce de vêtements.

 

Mais il ne reste en 2021 qu'une élévation borgne sans intérêt architectural ni patrimonial, au bas de laquelle toutefois des latrines rappellent sa véritable utilité.

Le réel mur d'enceinte de la ville moyenâgeuse

Voici la configuration de la place Carnot avant sa réorganisation des années 1950 :

- en 1950, la maison du médecin Asghil Favre (située à droite sur la carte postale, n°1145 de la mappe sarde) empiétant trop sur la place Carnot, a été achetée par la commune pour être démolie et ainsi agrandir la place,

- en même temps que la maison d'en face appartenant à la veuve Tappaz (au centre de cette carte, avec la publicité Cusenier, n°1147 de la mappe sarde) et qui avançait un peu sur celle-ci.

Ces deux maisons dont la partie basse servait de grange et le dessus d'appartements étaient rejointes sur la mappe sarde (voir la vue du cadastre au début de cet article) et se trouvaient dans la continuité du mur d'enceinte de la ville moyenâgeuse.

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 16:00

Comprendre la nécessité des bassins et lavoirs dans nos hameaux et communes nécessite de s'approprier l'histoire locale pour connaître le pourquoi de leur installation.

Dans nos zones rurales, l'installation de bassins semblerait dater du 1er siècle ap. J.C. 1

Chaque village était doté d'un four pour la cuisson des pains. De la même façon, chaque village se dotait d'un ou plusieurs bassins selon la superficie du territoire.

L'installation des bassins répondait à deux besoins primordiaux.

 

La maîtrise de l'eau alimentaire

Le premier besoin de construction des bassins dans nos villages ruraux concernait les besoins en alimentation de la population et des animaux d'élevage, principalement vaches et bœufs.

Bassin abreuvoir de Verchères

Dans la totalité de nos villages, les sources d'approvisionnement nombreuses et abondantes ont été maîtrisées depuis l'antiquité par des captages et conduites, permettant ainsi une récupération dans un lieu précis, plus proche des habitations.

L'eau ainsi captée, canalisée, devient plus propre et plus saine pour être mise à disposition gratuite des habitants eux-mêmes et de leurs animaux.

Le second besoin de construction des bassins a permis une meilleure lutte contre les incendies.

Depuis le haut moyen âge, chaque village possédait son four banal ou communautaire. La mise en chauffe du four pouvait entraîner un incendie, aussi bien qu'un foyer mal maîtrisé. C'est pourquoi, il n'est pas rare de trouver à proximité du four, un bassin de récupération d'eau qui pouvait servir à y puiser l'eau nécessaire à remplir les seaux.

Bassin de Frontenex

Les bassins-lavoirs

Les bassins-lavoirs sont beaucoup plus tardifs et n'apparaissent qu'à partir de 1850.

Ils nécessitent un aménagement spécifique, une partie plane permettant de brosser le linge à plat. Ils répondent, quant à eux, à une nécessité tout autre qui intéresse le nettoyage des vêtements, draps et autres textiles de grande taille.

Bassin lavoir de Mercier

Bassin lavoir du chef-lieu de Seythenex

Evolution - adaptation

Il faudra attendre l’arrivée de l’eau courante dans les maisons et les étables pour voir la fin de la corvée d’eau journalière et l’allégement d’un fardeau séculaire.

À partir du moment où les réseaux de distribution d'eau ont été réalisés, il a fallu rentabiliser l'adduction d'eau en évitant le gaspillage.

Bassin du Tertenoz

Les bassins furent donc parfois vidés de leur eau et remplis de terre pour être fleuris dès le printemps.

Bassin fleuri du Clos des Tisserands

Aujourd’hui, si les fontaines ont presque totalement perdu leur usage domestique, elles n’en restent pas moins des éléments appréciés du patrimoine communal.

Au fil des ans, les maires s'attachent à installer dans leur commune les équipements nécessaires au bien-être de la collectivité. Ils accomplissaient ainsi leur rôle politique : faire œuvre utile tout en enrichissant et en développant le patrimoine de la nation.

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1 Selon les archéographes Pascal Prévost-Bouré et Jean-Claude Gérold,

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 10:25

Au début du XXe siècle, la place Gambetta de Faverges, anciennement dénommée place de Traktir puis place Jacquard, est occupée par une fontaine et un poids public. La fontaine a été déplacée dans la rue de la République, au-devant de l'hôpital Alfred-Blanc mais n'est pas alimentée d'eau. Le poids public ne servant plus a été démonté vers 1955.

Avant la plantation de l'arbre, seuls sont présents la fontaine devant le kiosque du poids public, ainsi qu'un personnage en tablier et canotier.

Après la fin de la Grande guerre, lors de la cérémonie du 11 novembre 1920, sous la présidence de son maire radical-socialiste Ferdinand Losserand, la municipalité de Faverges a souhaité commémorer la libération de l'Alsace et de la Lorraine en plantant un tilleul, arbre aux feuilles en forme de coeur, symbole d'amour et de fidélité, ainsi que le cinquantenaire de la IIIe République.

On distingue l'arbre dans son fourreau de protection contre les chocs éventuels.

Une quinzaine d'années plus tard, l'arbre a grandi et présente des branches plus épanouies et bien feuillues.

Après la seconde guerre mondiale, c'est aussi sous son ombrage que les anciens combattants, déportés et prisonniers de guerre se sont rassemblés le 7 octobre 1945 pour une photo-mémoire.

1. ................. 2. LOSSERAND Victor 3. ................. 4. BOTTINI Jacques  5. DURET René 6. REALIS Albert 7. MARANGONI ................. 8. FAVARIO Jean 9. VEYRET Maurice 10. SAINT MARCEL ..........  11. CHAPPUIS Marcel 12. ................. 13. GUAZZONI Alphonse 14. ................. 15. TARONI François 16. DALL'AGNOL Antoine 17. BAL Auguste  18. ARETHENS Louis 19. DUSSOLLIET Paul 20. GURRAL Fernand 21. NOZET Albert 22. MARC Joseph 23. BRACHET Louis 24. ANCILLON Emmanuel 25. ................. 26. DUSSOLLIET Paul 27. ................. 28. BERGER Pierre 29. GONNARD François 30. VARET Léon 31. ................. 32. ................. 33. GAUTIER Henri 34. MOLLIER Antoine

Les médaillés militaires se joignent à eux.

 

Les déportés rassemblés sous le tilleul.

De gauche à droite : 2e rang : 1. VEYRET Maurice  2. ROFFINO Léon  3. .................  4. TARANTOLA Jean  5. BASSO Yves  6. VUSNER .................  7. DALMASSO Joseph  8. MOSQUET Attilio  9. FAVRE René 

De gauche à droite : 1er rang : 10. LAURENT Léon  11. MERMIER Jean  12. MERMIER Anthime  13. MALFROID Marcel  14. THABUIS Jean  15. THABUIS Raymond

Le tilleul aujourd'hui, sur une place rénovée récemment.

 

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 08:19
La rue Carnot au début des années 1900 était l'attention des habitants qui prenaient soin à la tenir propre et n'hésitaient pas à prendre leur balai.
Tout ce quartier (et cette rue qui s'appelle dorénavant rue Simon-Tissot-Dupont) a disparu dans la reconstruction du centre-ville, tant à droite (qui est devenu la place Charles de Gaulle et la place de l'église) qu'à gauche (qui est devenu la médiathèque).
Le nom des habitants de l'époque a été rajouté, ce qui permettra à quelques anciens de revoir le secteur de leur enfance, et aux personnes récemment arrivées à Faverges à le découvrir.

 

Le début de la portion sud de la rue Carnot a été appelé Rue Centrale (ainsi dénommée dans le recensement de 1861), il hébergeait de nombreux commerces.
Sur la photo de 1900 des éditions Pittier, de gauche à droite, on peut y voir l'enseigne du notaire Maurice Chatelain au-dessus de sa porte d'entrée, puis la devanture du boulanger Pierre François Revil, l'entrée de l'appartement de Mme Mol épouse Emmanuel Blanc (ancêtre des Dr Mouthon), puis l'étal du drapier Alphonse Fillion (qui deviendra la boutique toujours très achalandée de Maurice et Mme Thonon), et la petite boutique du buraliste Joseph Gruet.
Sur la droite, la façade du Berny, anciennement Brasserie Saint-Jean de Jean Lyannaz, est en réfection et agrandissement. La bâtisse abritait également le cordonnier Georges Bouvard. Actuellement, l'ensemble héberge le restaurant le Lie Vain Lou.
Au-devant de la maison en alignement du cultivateur Lucien Boymond, coulait le biel à découvert.

 

La rue Carnot-sud vers 1900 avec son bassin public utilisé par les lavandières, et la maison Masset à deux étages, sur la place Nicolas-Blanc qui deviendra la place de la Sorbonne (en l'honneur de Jean Cochet qui fut recteur de la Sorbonne à Paris).
On remarquera sur la partie gauche l'escalier qui descend directement sur la rue, de la maison Garin François épicier, et devant leur entrée, les soeurs Perrière Joséphine (née en 1866) et Ernestine (née en 1868), ouvrières en soie à l'usine Stünzi.
Sur le pas de la porte, se trouvent les soeurs Ernestine et Joséphine Perrière.
La partie droite de la carte a subi l'incendie du 24 juillet 2018 qui a détruit 17 appartements. Elle sera prochainement rasée avant une rénovation complète.

 

Pour connaître l'Histoire et le Patrimoine local, adhérez à l'Association.

Un rendez-vous incontournable se tient chaque jeudi de 15h à 17h, salle 101 de la Maison des Associations, place des Combattants d'AFN.
Prochaine réunion le jeudi 8 octobre.


Prendre rendez-vous au 04 50 44 53 27 ou bien au 04 50 44 53 76.

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 18:00

Dans un article de la presse locale, on a pu lire que Viuz-Faverges est un "ancien vicus romain de la même importance que celui de Boutae (Annecy)*", estimé quant à lui à une population de 2500 individus.

Dans le contenu d'un site -dont on taira le nom -, on peut lire aussi "Le village moderne de Viuz, dont le nom vient du mot latin vicus (agglomération rurale), est construit sur les ruines de la bourgade romaine de Casuaria, dont les vestiges s'étendent jusqu'au centre de la ville de Faverges. On estime la superficie du village antique à environ 25 hectares et sa population à environ 2500 habitants, soit l’équivalent du vicus de Boutae (Annecy)."

Ceci n'est que pure affabulation d'un personnage en mal de reconnaissance, œuvrant plus pour sa tirelire que pour la vérité. Nous allons le démontrer.

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Situé sur la voie romaine reliant Genève à Milan, le vieux Viuz-Faverges se serait (?) ainsi étendu sur une superficie d'environ 25 hectares (?).

Pour tous les visiteurs qui viennent admirer les lieux lors de leur promenade estivale ou les autochtones qui empruntent la rocade qui surplombe l'endroit, il est évident qu'il n'en est rien.

Nous allons le démontrer sur un demi-millénaire, de 1561 à nos jours.

Tromper les lecteurs et les visiteurs en confondant le prieuré et les quelques habitations qui l'entourent avec la chapellenie de Viuz (comprenant un prieuré dépendant de la Collégiale d'Annecy) qui couvre les vingt-deux hameaux entourant le bourg principal de Faverges, ne fait pas du Vieux-Faverges un vicus gallo-romain de la même importance que Boutae (Annecy).

Tenter d'instiller cette imprécision notoire a permis de faire croire que ce hameau était le "Casuaria" de l'itinéraire d'Antonin et de la table de Peutinger, par manque de connaissances historiques approfondies et de recherches archéologiques localisées. Mais cela flatte l'égo sur-dimensionné du personnage, qui pourtant se révèle d'un "esprit limité", tel que l'avait dénoncé M. le Maire de Faverges lors de ses voeux de janvier 2014.

* Ce commentaire est une récidive d'un article paru dans l'Almanach savoyard de 2014 (page 56), auquel on pourra aussi se référer.

Nos ancêtres celtes, gallo-romains, allobroges et leurs descendants qui empruntaient l'itinéraire de Genève à Gênes et Milan par la voie des Alpes recevaient les contemplateurs du plus haut sommet d'Europe, notre mont Blanc enneigé, dans le sanctuaire installé au pied du rocher de Viuz.

En comparant l'emprise au sol de la parcelle 720 avec les fouilles des années 1988 à 1993 du contournement de Faverges,

on peut constater que le champ d'un journal et 280 toises de la mappe de 1728-1738 correspond à l'emprise du sanctuaire qui a précédé les églises. Le lieu de culte est ainsi conservé localement.

Cela indique de façon tout-à-fait notoire que le caractère de "hameau du vieux-Faverges" n'a pas de signification : ce n'est qu'un centre religieux - un lieu de dévotion, comme l'indique Alain Canal du Service Régional d'Archéologie en 1988 - qui abritera à partir du XIIe siècle un prieuré de 4 moines sans population particulière. On rapprochera cette estimation de celle de l'archéologue départemental Joël Serralongue (in Candidature à l'inscription au patrimoine de l'Unesco-2011), qui avance que Boutae était à l'époque romaine le seul vicus de Haute-Savoie. Le Viuz-Faverges actuel n'a pas de caractère de vicus gallo-romain, mais de simple sanctuaire fréquenté par nombre de voyageurs qui empruntaient cette route et non par des résidents locaux.

La présence de la "mansio" soit gîte-étape situé plus au sud, au lieu-dit du Thovey, vient encore étayer cette thèse. Cette construction avec péristyle et bains d'une superficie d'environ un hectare était le lieu de repos des voyageurs qui, sur leur chemin pour Milan, Gênes et Rome, s'arrêtaient quelque peu pour y vénérer les nombreuses divinités (Jupiter, principalement) tout en profitant de la vision admirable sur les hauts sommets enneigés du mont Blanc, au détour du rocher de Viuz.

Le hameau actuel du Vieux Faverges

En 1561, le très petit hameau de Viuz-Faverges, anciennement le Vieux Faverges, est fier de ses 41 habitants regroupés en 8 familles, l'un des moins peuplés de la ville de Faverges lors du dénombrement de la Gabelle du sel, dont il est dépendant (Verchères compte 182 habitants, Frontenex 223, ... Faucemagne-St Ruph 26 ...).

Les 8 familles composant le hameau du Vieux-Faverges en 1561

1.- BESSON Jean est chef d'une famille de 7 personnes qui vivent avec 1 vache, 1 mojon, 1 moje et 4 brebis.

2.- BESSON Anthoenne est jeune marié avec un enfant de moins de 5 ans ; il possède 1 vache, 1 mojon et 3 brebis.

3.- BESSON Perrotin est marié et a une fille ; il possède 3 vaches dont une qu'il garde ainsi qu'un boeuf. Il a de plus 1 mojon, 2 mojes et 5 brebis.

4.- TISSOCT Anthoine est marié et a une fille de plus de 5 ans ainsi que 2 fils de moins de 5 ans ; il possède 2 vaches et 1 brebis.

5.- Noble Nycolas BERROD vit seul. Il ne possède aucun bétail mais a une chambrière.

6.- GAILLARD Claude est chef d'une famille de 7 personnes dont un frère prêtre, le seul du hameau. Il a un fils marié qui a deux enfants de moins de 5 ans. Il possède deux mojons et élève 15 brebis.

7.- GALLIARD Jehan est marié et héberge également sa belle-mère ; il n'a aucun bétail.

8.- METRAL Micholette est veuve de Charles et a 5 enfants ; elle élève 2 vaches qu'elle tient en commande et 5 chèvres.

Le cheptel du hameau est le suivant :

- 6 vaches

- 5 mojons (soit jeunes veaux)

- 3 mojes (soit génisses)

- 5 chèvres

- 28 brebis.

Le Vieux-Faverges est donc un hameau d'une pauvreté manifeste caractérisée par le peu de cheptel. Les habitants doivent se contenter du lait de leur brebis car le peu de vaches ne suffit pas à alimenter en lait et fromage les 41 habitants.

Un seul prêtre Messire Urbain GAILLIARD dessert la paroisse dépendant de la Collégiale d'Annecy. Sans aucun doute, ses rentes d'officiant ont-elles été utiles à la famille de son frère Claude pour réunir un troupeau de 15 brebis au profit du groupe familial.

Les propriétés de la Collégiale d'Annecy

en 1728-1738

Le groupement de maisons à la Chenalette (Vieux)

En 1732, sur la Mappe, ce petit groupe de huit maisons était situé "à la Chenalette", de même que le cimetière et l'église.

Seules les quatre propriétés n°717 à 720 du Chapitre Notre Dame d'Annecy se situaient à "Vieu". Toutes les propriétés de la Collégiale devinrent biens nationaux en 1793, soit les parcelles 704, 707, 710 à 720. Seules les parcelles 702p et 704 furent achetées par les Religieux de St Dominique aux sieurs Paget et Chappet afin de rester prêcher dans le secteur.

En 1816,

les habitants de Viuz revendiquent leur indépendance

Comparativement au bourg de Faverges que nous verrons un peu plus loin, il est presque 60 fois moins peuplé, mais cela ne fera pas reculer le Sieur DESSUISE, propriétaire en 1816, dans sa réclamation au nom des habitants de Viuz-Faverges à l'Intendance générale de la Savoie pour l'érection du hameau en commune indépendante de Faverges *, jaloux sans doute que la ville de Faverges soit devenue paroisse à part entière en 1803, ce qui a permis aux paroissiens des hameaux éloignés de gagner un kilomètre pour se rendre aux offices religieux.

* en compensation, les habitants de ce hameau ne proposaient pas moins que Faverges annexât la commune de Cons-Sainte-Colombe, pensant récupérer tous les hameaux de Faverges, du Solliet à Saint-Ruph et du Noyeray à Englannaz. Une revendication digne de "notre prétentieux actuel" !

En 1823,

Faverges se dote de son propre cimetière

Bientôt également, Faverges possèdera son propre cimetière où ses habitants pourront s'y faire ensevelir (1823), grâce à la générosité de son ressortissant Jean Pierre DUPORT, directeur de la Manufacture de soie installée au château et dans les anciens moulins des religieuses de Saint-Catherine d'Annecy.

Photo : Plaque commémorative dont l'inscription a été usée par le piétinement des visiteurs, au pied de la croix portant la date d'établissement du cimetière de Faverges.

Population du hameau de Viuz en 1861
1DURAND Jacques

70 ans

+ 1 femme

+ 3 enfants

+ 2 domestiques

laboureur
2CAVAGNON Jean

32 ans

+ 1 femme

+ 7 enfants

laboureur
3PATUEL Jean Baptiste

38 ans

+ 1 femme

+ 4 enfants

laboureur
4DURAND Philibert

56 ans

+ 1 femme

+ 3 enfants

+ 3 domestiques

laboureur
5DURAND Jeanne50 anslaboureuse
6REYBIER Jeanne Françoise

80 ans

+ 1 fille

laboureur
7VEUILLET Philibert

55 ans

+ 1 femme

laboureur
8PATUEL François

50 ans

 + 1 femme

+ 6 enfants

laboureur
9

SERMET Julien

FRANCOZ Pierre

24 ans

13 ans

instituteur

écolier

10

REYDET Louis

VEYRAT Jean Pierre

COPPEL Marie

68 ans

46 ans

47 ans

curé

vicaire

domestique

11PRUD'HOMME Philibert

48 ans

+ 1 femme

+ 2 enfants

laboureur
12PATUEL Jean Baptiste

40 ans

+ 1 femme

+ 2 enfants

+ sa mère

+ 3 domestiques

laboureur
13DESMAISON Jean

56 ans

+ 1 femme

+ 3 enfants

laboureur
14PATUEL Jean Pierre

86 ans

+ fils 52 ans

+ 1 femme

+ 9 enfants

+ 1 frère

+ sa femme

laboureur
15DESMAISON Louis

32 ans

+ 1 femme

+ 1 enfant

+ sa mère

laboureur
16BUFFET Jean

47 ans

+ 1 femme

+ 1 enfant

charpentier

soit un total de 82 personnes.

Les années suivantes, la population est quasiment identique : soit 86 individus en 1866, 77 en 1872, 65 en 1876, 75 en 1881, 78 en 1886.

La chute de population des recensements de 1872 et 1876 est due à la guerre de 1870 durant laquelle les Savoyards ont été mobilisés et certains tués, entraînant une diminution des naissances.

La bourgade de Casuaria sous le dôme du Crêt de Chambellon

L'emplacement du Vieux-Faverges actuel

C'est une petite bourgade qui s'étire difficilement au-dessous du Rocher de Viuz sur le versant opposé à la ville de Faverges, anciennement "vicus de Casuaria" - et sa population de 2342 habitants en 1561.

Casuaria, "la ville située près de la Chaise", a disparu durant le Haut moyen-âge, ensevelie sous les amas d'alluvions descendant du vallon de Saint-Ruph (près de 150 mètres de hauteur d'alluvions se sont amoncelés depuis l'époque glaciaire). Des murs de margelle de puits gallo-romain ont été découverts au milieu de la Plaine, lors de la construction de la voie ferrée avant 1900, pouvant laisser supposer que Casuaria ait pu s'étendre jusqu'au milieu de la plaine.

Malheureusement, les fouilles programmées de 2018 de la construction du parking souterrain de ma maison médicale, près de la place Gambetta, n'ayant pas dépassé les 4 mètres de profondeur n'ont pas permis de lever le voile sur cette présence supposée.

L'étroit de Marlens où passait le glacier du Beaufortain

Son origine glaciaire

L'étroit de MARLENS a laissé le glacier du Mont-Blanc-Beaufortain passer et creuser la plaine de Faverges d'un sillon de 50 à 80 mètres de profondeur, comblé durant des millénaires par les torrents de Monthoux et Saint-Ruph (sans doute de façon très importante durant les fréquentes intempéries du Haut moyen-âge). C'est de chaque côté de cette vallée que s'établirent sur la moraine latérale droite le centre religieux avec son sanctuaire (devenu le vieux Faverges, puis Viuz-Faverges), et sur la moraine latérale gauche le bourg administratif appelé "vicus" de Casuaria (devenu Faverges) (selon le sens du glacier du Beaufortain allant d'Ugine à Annecy).

Recherches historiques des Sources du Lac d'Annecy

L'histoire locale construite depuis des années, des lustres, des millénaires, faite des nombreuses implications de nos quasi ancêtres dans le développement local est multiple.

Notre action, au sein d'Histoire et Patrimoine des Sources du Lac d'Annecy concerne tant nos prédécesseurs, les 81 804 personnes – recensées actuellement - qui sont nées dans l'une des dix communes de notre ancien canton, que les 11 981 couples inventoriés qui s'y sont mariés.

Si les quelques 41 habitants du petit hameau du Vieux-Faverges n'ont laissé que peu de traces hormis celle de quelques fondations de murs, le sanctuaire qui a été mis au jour dans les années 1990, proche de l'église actuelle, prouve la présence d'un centre religieux et non d'un habitat rural, sans rue centrale ni rues adjacentes menant à des groupes de maisons, mais à de simples échoppes de commerce telles que l'on en trouve dans nos centres religieux actuels, "les marchands du temple" vivant de leur vente d'icônes et des aumônes des pèlerins.

Le Vieux-Faverges n'a jamais été le gros bourg de 2500 personnes qui aurait été aussi important que Boutae-Annecy (in Almanach du Savoyard-2014) ou de même importance (le Dauphiné-2017).

L'affirmation qui y voit un bourg rural de l'équivalence à Annecy à l'époque romaine, est basée sur un manque d'analyse, une simple vue de l'esprit et non sur les faits pourtant avérés. Elle est donc purement et simplement afabulatoire et utopique.

500 ans d'histoire locale se déroulant de 1561 à nos jours, démontre par des inventaires incontestables que le lieu du vieux Faverges ne comportait et ne comporte qu'une dizaine de maisons soit au grand maximum un lieu de vie pour une centaine de personnes. Cette carte postale des célèbres photographes annéciens Ernest et Auguste Pittier prise au tout début du 20e siècle en est encore une preuve que la plaine de Viuz n'a jamais reçu les 2500 personnes prétendues.

De plus, toutes les fouilles programmées et préventives n'ont jamais mis au jour un quelconque habitat imposant, de l'envergure de Boutae construit sur la plaine des Fins à Annecy, avec ruelles, maisons, échoppes, caves, ... agrémentées de colonnes, mosaïques, peintures, ...

En conclusion

Notre travail de recherche historique ne se limite pas à un groupement de huit maisons (telles que relevées sur la mappe de 1732) n'ayant aucun rapport avec un "vicus" dont il tirerait le nom, - quelque rapport qu'aient pu avancer les historiens qui nous ont précédés.

Si Casuaria n'a toujours pas été repérée – les hypothèses avancées n'ont pas de bases sérieuses -, c'est par manque de recherche locale, d'analyse des documents anciens et de déductions étayées sur la base des travaux scientifiques et d'histoire locale. C'est ce que nous tentons de démontrer, sans pratiquer le dénigrement de la ville chef-lieu de canton, commune française de Haute-Savoie.

Notre implication quotidienne et totalement bénévole au service du patrimoine historique local se développe au bénéfice de nos concitoyens qui enrichissent leurs connaissances afin de mieux vivre ensemble, sur un territoire façonné de longue date par nos milliers d'agriculteurs, cultivateurs ou laboureurs dont nous découvrons et dévoilons journellement les milliers de noms, ou les centaines d'artisans qui ont fait mouvoir les artifices de la ville et des communes environnantes, tout au long des kilomètres de torrents, rivières et ruisseaux qui dévalaient et dévalent encore les pentes de nos massifs montagneux.

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Nota 1 : Notre recherche locale nous apprend que "70" se disait aussi "trois vingt dix", que "80" se disait aussi "quatre-vingt" (variante : vingts), que "98" se disait tout autant "quatre vingt dix huit" que "nonante huit" (sur la même ligne, de plus !)

Nota 2 : Le lecteur pourra se référer avantageusement et contradictoirement à l'œuvre étayée d'Alain Piccamiglio et Maxence Segard en ce qui concerne la description du sanctuaire de Viuz assimilé par les archéologues à Casuaria, dont ils peinent pourtant à démontrer l'existence d'une agglomération attenante.

 

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 08:00
Pierre gravée de Marlens-Val de Chaise (1482)
Pierre gravée de Marlens-Val de Chaise (1482)

L'histoire de l'Écriture en Savoie

la Préhistoire se termine avec la naissance de l'écriture :

Apparue dans le bassin méditerranéen dans l'Antiquité, l'écriture latine est actuellement l'alphabet le plus répandu dans le monde. On retrace le parcours de ce système de la pierre gravée, à ses origines, jusqu'à nos actuels claviers d'ordinateur.

Compte de Chatellenie de 1318 de Faverges
Compte de Chatellenie de 1318 de Faverges

L'Académie Salésienne tiendra son assemblée générale (réservée à ses membres) suivie de sa prochaine conférence le mardi 24 mai à 17h30 à l'Espace Yvette-Martinet, avenue des Îles à Annecy.

Les adhérents à jour de leur cotisation sont invités à y participer ou à s'y faire représenter. Après les éléments statutaires, nous poursuivrons le cycle de nos Rendez-vous.

Laurent Perrillat, président de notre société, évoquera le sujet suivant : Histoire de l'écriture en Savoie.

Ecriture cursive du XVIIe siècle (1606-Faverges)
Ecriture cursive du XVIIe siècle (1606-Faverges)

Des quelques inscriptions romaines gravées dans la pierre à l'écriture cursive normalisée ou informatisée de nos jours, il s'agira d'avoir une vue globale des différents types d'écritures qui ont eu cours en Savoie au long des siècles. La conférence s'appuiera sur de nombreux visuels, photographies de documents d'archives conservés à l'Académie salésienne.

L'histoire de l'Écriture en Savoie

Écritures cursives imprimée et manuscrite à la plume d'oie du XIXe siècle (1860 - Faverges)

Prochaine Conférence "Histoire de l'écriture latine" par Laurent PERRILLAT, président de l'Académie Salésienne, Lundi 4 juillet 2016 à 20h30. Le Prieuré - 113 chemin de la Colombière - 74290 Talloires

Laurent Perrilliat Président de l'Académie Salésienne a présenté l'histoire de l'écriture en Savoie
Laurent Perrilliat Président de l'Académie Salésienne a présenté l'histoire de l'écriture en Savoie

Compte-rendu de la conférence du mardi 24 mai

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  • Pajani Bernard-Marie
  • J'ai parcouru tout le territoire savoyard, d'Ugine à Thonon, en passant par Faverges, La-Roche-sur-Foron, Bonneville, Albertville, Sevrier, Annecy pour revenir à Faverges.
Je suis aussi à la recherche des camarades des classes fréquentées.
  • J'ai parcouru tout le territoire savoyard, d'Ugine à Thonon, en passant par Faverges, La-Roche-sur-Foron, Bonneville, Albertville, Sevrier, Annecy pour revenir à Faverges. Je suis aussi à la recherche des camarades des classes fréquentées.

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